Quelques pantalons faciles
Garanti sans liens affiliés
L’affiliation est un cancer. “Non, non, Mat, tu ne peux pas dire ça, l’affiliation me permet d’être rémunéré pour mon travail de curation en toute indépendance.” C’est cela oui. Le problème de l’affiliation, c’est que la chèvre broute là ou elle est attachée, comme disait un de mes professeurs.
Les petites boutiques qu’on aime tant n’ont pas de programme d’affiliation. Proposer une sélection affiliée, c’est mettre en avant des géants sans âme comme MrPorter ou Ssense. Vous achetez votre panier paysan local chez Amazon vous ? Alors pourquoi vous achetez vos petites marques artisanales chez MyTheresa ?
Au delà de l’hypocrisie, les sélections sont nécessairement orientées par leur rentabilité : il faut choisir des pièces accessibles, qui vont plaire, qui seront cliquées, afin de faire du chiffre. On se retrouve avec des choix sans intérêt dans des marques nulles.
Et encore, je n’évoque que les blogueurs et influenceurs a peu près honnêtes (il y en a ?), pas les fermes d’affiliation de quelques bandits.
J’ai quand même hésité à faire cette sélection, déjà pour son coté éphémère (tout sera soldout dans un mois), ensuite pour son coté inventaire (les articles insupportables type “5 indispensables de l’hiver”), aussi pour la difficulté de parler de ce qu’on a pas eu en main (même si j’en ai deux dans le lot et que je connais chaque marque), mais les pièces sont cool et la curation déjà faite vu que je cherchais pour moi.
De plus la recherche a été un peu poussée sur chaque pièce (différents sites, etc…) afin d’apporter un minimum de valeur ajoutée. Les liens des boutiques ont été choisis aléatoirement, pas de favoritisme. Le thème du jour, c’est le easy pant, à savoir le pantalon à ceinture élastiquée. Idéal pour chiller chez vous et ne pas ressembler à rien si vous devez sortir.
Les japonais
On commence par Mittan, marque à l’éthos artisanal, avec des aspects très “slow” (réparation des vêtements, buyback…)
Ces dernières saisons les coupes sont à nouveau bien ample. Ce Pt-122 est dans la matière clé de la saison, un denim de laine/coton à la chaine noir et à la trame contrastée (noire, blanche ou marine pour les trois modèles dispo.) La version cool du très décevant denim de laine/coton de De Bonne Facture.
Petit regret sur les renforts des poches arrière que je trouve superflus. Un gimmick très présent cette saison chez la marque.
Le PT-125, c’est le même mais en tapered.
La marque excelle particulièrement dans son travail du lin/ramie/chanvres, qui sont très fibres assez proches obtenues à partir de plantes. Elle sait comment combiner chacune pour en tirer le meilleur et en minimiser les défauts, par exemple la froissabilité du lin. Ce pantalon a en plus son weft en soie, pour un coté neppy.
Même coupe que le 122 : ample et droite. Même mauvaise idée sur les poches arrières.
Yoko Sakamoto - Easy double pleat
Yoko Sakamoto est une marque trop souvent négligée, elle présente pourtant tout ce qui fait le succès d’un Evan Kinori : des matières travaillées, beaucoup de teintures naturelles, des coupes amples et décontractées.
Ici une des coupes les moins larges des collections actuelles, ça reste quand même assez wide. La matière est une flanelle de coton/soie: les japonais se sentent moins contraints par la tradition que les italiens et n’hésitent pas à se lancer dans des mélanges ou à faire ce petit pas de coté qui change tout. La coupe est dispo dans d’autres matières moins noires.
Yoko Sakamoto - Baggy pant kemp melton
Là on est dans le wide. 28cm d’ouverture de jambe en taille L, un tissu bien bien lourd qui tombe net. La laine “kemp”, c’est une sorte de reste de laine du mouton, qui n’est de nos jours plus vraiment exploitée (dans la sape du moins) car elle ne prends pas la teinture. Deux photos, vous allez tout de suite piger le délire :
Les élégants
Aton - Linen wool twill loose fit pant
Mon premier achat pantalon de la saison. Vous regardez la photo et vous vous dites “tricheur, c’est pas un easy pant.” Et bien si, c’est un demi, uniquement arrière, avec un avant classique. Cordons internes.
Je disais que les japonais n’hésitaient pas à faire des mélanges cool, ici la laine et le lin dans une flanelle légère et sèche de toute beauté. Trois couleurs dont ce glencheck qui m’a tout de suite séduit.
Si la coupe est décrite comme loose, on reste toutefois dans des standards plus européens, ce n’est pas très très large.
Plus minimaliste dans son approche, avec le même type de coupe loose mais sans excès, et une très belle flanelle de laine. Quand les japonais se lancent dans la flanelle 100% laine, ils vont généralement chercher le luxe, ici on est sur un super 160’s, ce que bosse Auralee en général pour vous donner une idée. On reste sur des flanelles légères, afin que ça drape bien.
Keylime Tokyo étant la boutique de Jumpei Seiki, la pièce sera peut-être dispo à Paris chez Parks. Demandez-lui.
Si c’est pas assez large à votre goût, allez voir le Graphpaper.
Les corduroy
Kaptain Sunshine - Suvin Corduroy Easy Pants
La légende veut que les japonais, frustrés par le quasi monopole italien sur le coton Giza45 (l’un des meilleurs du monde), soient allés en inde chercher et trouver mieux. C’est le coton suvin, un croisement entre un coton natif (pour l’adaptation) et un sea island (pour la qualitance.)
Appliqué à un velours côtelé, ça donne une matière très raffinée, avec une certaine brillance, qui contraste avec un traitement assez chill. Hélas c’est sold out sur le site officiel, mais ça devrait arriver en Europe.
Evan Kinori - Elastic pant sumi ink corduroy
Un autre achat de mon coté (dans la coupe one pleat), et une petite déception au premier abord : pas d’effet waow à l’ouverture du colis (l’excellent Store du Nord), un velours côtelé à la main très sèche (le lin dans la compo), voire aride, et une couleur très terne, mate, sans vie.
La coupe toujours aussi cool et une confiance aveugle dans le taf de Evan Kinori m’ont poussé à le conserver, et un premier lavage a commencé à révéler un peu plus la matière : le velours japonais de lin et coton (encore un mélange) est teint avec un mélange contenant de l’encre Sumi, et le pantalon va donc se délaver lentement. Le verdict, ça sera plutôt en fin d’hiver du coup.
Le militaire
Orslow - wide fit new yorker dark olive
Cela vous étonne peut-être de voir un Orslow dans cette selection résolument plus haut de gamme. A vrai dire je suis en quête d’un pantalon olive, cette saison c’est une vraie gageure, et celui-ci m’a interpellé pour plusieurs raisons :
D’une part depuis quelques saisons Orslow met enfin à jour ses coupes. On trouve de plus en plus les versions wide. D’autre part, on est sur un pantalon en satin (matière très militaire) qui n’est ni un chino chiant, ni un baker (ou fatigue) pant première degré (ou alors ce Auberge.)
Le contraste entre le satin et le easy pant a un potentiel. Je préfère toutefois les cordons cachés, mais ici ce n’est pas vraiment le type de pantalon dans lequel on rentre sa chemise.
Pas de conclusion si ce n’est :












On attend ton retour sur le délavage du pant ek ! Tu as pris autre chose chez ek?