Niceness
Mon obsession du moment
Comment ? Encore un article sur une marque, juste après Arpenteur ? Tu vais nous faire tout l’alphabet ? Tu es déjà en manque d’inspiration ?
Calmos gentil lecteur. Je te l’ai dit, ici, point de ligne éditoriale, point de stratégie. J’écris pour le plaisir sur ce qui me fait envie, je relie à peine, j’accumule les brouillons, et j’en choisi un à publier parmi ceux qui sont prêts. Donc oui y’aura sans doute d’autres articles sur des marques, pas forcément sous le même angle qu’ici, et non ça ne sera pas le cas pour les prochains, sauf si j’en écris un entre temps.
Niceness est une marque fondée en… ok stop, vous êtes capables de faire une recherche Google pour avoir le dossier de presse. Ou demandez à Chatgpt. Allez pour rire :
Niceness est une marque japonaise fondée par Yuichi Goh, qui mêle artisanat, matériaux rares et approche conceptuelle du vêtement. Ses collections revisitent le vestiaire classique avec une sensibilité contemporaine, entre influences vintage et coupes raffinées. Produite en petites séries, la marque cultive une esthétique discrète mais exigeante, emblématique du haut de gamme japonais.
Ce qui est génial avec Chatgpt, c’est qu’il arrive à reproduire parfaitement les textes vide de sens de la majorité des blog mode homme, sans même qu’on lui demande. C’est à ce demander si certain n’avaient pas à disposition des IA depuis dix ans.
Niceness, c’est la marque qui m’intrigue le plus cette saison. Pourtant je n’étais pas forcément très client auparavant, seules une pièce ou deux me plaisaient vraiment (en ce sens Auberge a pris la place de Niceness en ce moment : cette marque me fait reconsidérer mon désamour des fatigue pants avec le Boulan), et pas assez pour envisager un import étant donné le tarif assez conséquent, dans le très haut de gamme de ce qui se vend sur l’Archipel. D’ailleurs les tarifs occidentaux sont à peine plus élevés (la force actuelle de l’Euro joue sans doute.)
La marque est en effet vendue dans quelques shop occidentaux (Neighbour, toujours prems sur les belles fringues) et même chez Mouki Mou en Angleterre (ce qui nous fait une belle jambe, merci le Brexit.) Petit espoir qu’elle soit un jour stockée chez Centre Commercial (qui essaye de monter en gamme et en crédibilité, et qui devrait je pense pour ce faire repenser l’agencement de la boutique), The Next Door (si la marque devenait hype) ou Rendez-Vous Store (dont la sélection est rarement heureuse et la photographie assez artistique pour rester poli. On dirait limite que je prends les photos tellement elles sont floues.)
La frustration, c’est qu’au Japon la marque est très populaire chez les amateurs, et une partie des pièces est sold out avant même d’arriver en ligne. : la plupart des store japonais réservent quelques jours à la vente physique, quand ce n’est pas la marque qui impose un double embargo physique/online, bien respecté (le Japon…) On retrouve dès le lendemain des pièces neuves sur Mercari avec un premium de 10%. Le scalper japonais n’est pas trop gourmant.
C’est le jeu du meilleur marché menswear du monde et ce qui permet à une marque aussi exigeante de vivre. Résultat j’ai raté 100% de mes target de la saison pour l’instant. Ce qui reste dispo c’est de la veste à 1200 boules. Toutefois comme tout drop par petits lots, je ne suis pas encore fanny. C’est quand même casse couille cette tendance de ne plus sortir les saisons en une ou deux fois mais en quinze. Oui ça crée de la désirabilité, mais ça rend difficile de planifier des achats, surtout quand il faut être vif.
Bien sûr je n’ai pas vu les pièces de cette saison en vrai, c’est d’ailleurs le drame de devoir importer du Japon : on reste sur un vrai pari. Heureusement chaque item est quand même stocké (brièvement) dans plusieurs boutiques, on a donc assez de photo pour se faire un idée et vouloir tenter le diable, au risque d’être déçu. Un risque qui fait mal quand on parle de tels prix. Heureusement que les mesures des sites japonais sont assez fiables et qu’avec un peu de bouteille, on se plante pas trop. Et ce n’est pas comme si je voyais en vrai les pièces Evan Kinori quand je commande, j’ai l’habitude.
Frustration numero uno de la saison, cette chemise ombré check en laine. Il faut aller sur la page produit et zoomer pour voir tout le travail main sur une pièce fabriquée en Inde (ceci explique cela), un travail main beaucoup plus cool que celui sur les chemises sartoriales de l’extrême droite. L’Inde c’est un peu l’eldorado du fait vraiment main et des tissus artisanaux. Regardez ce que fait 11.11 / Eleven Eleven par exemple. Ici les deux versions claires ont été soldout avant même que je sorte la CB. Elles sont trop vertes, dit-je, et bons pour des goujats.
Celle-ci j’aurais pu avoir ma chance, j’ai finalement jugé qu’elle était un peu trop proche d’une de mes chemises actuelles. Elle est en soie/coton (un vrai kink la soie, et une vraie tendance au Japon), là encore fabriquée en Inde, avec tout ces petits détails chouettes comme les fronces. Notez le Made By Hand, un mensonge que je vais évoquer dans la suite de cet article, mais qui dans le cas présent est quasiment vrai. Petites poches latérales, j’avais ça sur une 18 East, ça sert à rien pour le coup.
Les 1200€ que j’évoquais, c’est elle, cette veste de chasse absolument dinguo. Et encore, ça n’inclut par le fut qui va avec. Allez voir le closup de la matière, tuerie. Stockée chez les perfides anglais dans un marron qui a l’air noir, quelle occasion manquée ! Et ce col en velours côtelé coton/cachemire… probable qu’elle n’ait pas de poche interne vu que les japonais sont chelou là dessus, mais on a quand même six poches en comptant la double entrée. Capuche amovible.
Je ne sais pas pourquoi mais la veste de chasse en général me fait envie cette saison : j’ai aussi un œil sur la parka de la dernière collab entre Margaret Howell et Barbour. Qui est moitié moins cher et dans une couleurs qui ne ferait pas doublon avec ma parka Ten C. Après si je vendais cette dernière… (insérez séquence avec un petit diable et un petit ange au dessus de mes épaules.)
Souvent j’ai dit mon désamour du coton waxé, une matière vraiment pas pratique (pour l’avoir portée pendant des années une Commander Jacket Barbour.) Et c’est bien l’avantage de cette Niceness, pas de wax ici. Faudra chasser au sec. Un duck canva tissé à haute densité qui subit plusieurs post traitement pour lui donner cette apparence très texturée. Mattez-moi ce closup d’anthologie :
Légère inquiétude tout de même sur l’absence potentielle d’un zip double curseur. Mais bon 1200€ faut pas déconner je vais rester sage et passer mon tour sauf gain au loto.
Petite pause dans le texte :
Oh rien, c’est juste une flanelle de soie. Bim. Il faut que je modère les bim, on se croirait chez Asphalte. Même si eux c’est genre “wow 100% coton incroyable ! Bim”, c’est quand même moins crédible.
Chaleur… 150 000 yen. A l’heure ou j’écris elle n’est pas encore sortie. C’est ma cible principale. Vous voyez toutes ces vestes de plage (Beach Jacket) un peu chiantes comme l’Etiquette les adorent ? Les Brown Beach, les Anatomica, etc ? Bah ça c’est la version cool. Laine/coton, détails en cuir, un banger si vous me passez l’expression. Je vous dis pas la galère en terme de confection avec ces détails sur une maille mais bon.
Encore une marque qui s’accorde bien mal avec un portefeuille français. La clientèle japonaise reste un vrai mystère pour moi : qui claque 600€ en yen dans une chemise dans un pays qui n’a pas de développeurs surpayés dans une GAFAM ou de traders à Wall Street ? Les prix restent d’ailleurs assez élevés même sur les occasions, ne comptez sur Mercari pour tester en faisant une bonne affaire sauf gros coup de bol ou pièce dégueu.
Bref, toute marque qui tomberait par hasard sur cet article et qui voudrait me corrompre connait désormais mon prix : un vestiaire Niceness. On termine avec quelques photo pour le plaisir.
Edit post rédaction mais pré-publication :
Ma target est reportée à la saison prochaine 😭
















De quoi parles-tu quand tu évoques le travail main sur la chemise ombrée ?