Avant de commencer
Nous sommes en 2025 et l’IA va sans doute dans les prochaines années achever ce que les réseaux sociaux et la monétisation des audiences a débuté voilà quelques années : il sera impossible de trouver une source d’information fiable, engagée, neutre et non intéressée sur quelque sujet que ce soit.
Dans la matière qui nous intéresse, ou plutôt les matières qui nous intéressent puisque le sujet de ces billets sera le vêtement, ce processus est déjà bien avancé : les ressources francophones intéressantes se font rarissimes.
Citons les Indispensables, un blog sérieux quoiqu’un peu superficiel, Borasification, ou Nicolas tient les murs de bric et de broc, et c’est tout.
Les autres blogs ? Ils sont morts (Bonnegueule) ou devenus des fermes à contenus peu intéressants et largement monétisés (VGL, Jamaisvulgaire.)
Les influenceurs ? Ils n’ont jamais mieux mérités leur surnom d’influvoleurs tant leur rapacité n’a d’égale que leur absence de race (je ne citerai pas de nom pour de basses raisons juridiques.)
La presse ? Tout magazine tend à devenir GQ, à savoir publier du contenu fade et rémunéré essentiellement par des annonceurs qu’il devient impossible de critiquer. Cela vaut pour le dernier, l’étiquette, qui est passé de la pertinence à la vacuité en quelques numéros.
Les forums et autres discords ? Ces médias participatifs souffrent de l’engagement de moins en moins fort de leurs membres.
Ce constat est francocentré : il subsiste des contenus plus intéressants en anglais (Blackbird Skyplane par exemple, Present Forever…) et à fortiori en Japonais. Pourquoi cette disette française ?
Je ne voudrais tirer de conclusions sur la santé de la France au regard de la santé de son écosystème sape, mais force est de constater qu’il ne se porte pas très bien. Ne me renvoyez pas LVMH, on parle ici de vêtements qui ont une âme, une âme qui n’a été signée irrémédiablement au diable. Non, le constat c’est que nos marques sont généralement peu intéressantes, notre Made in beaucoup moins qualitatif qu’on ne veut bien le croire, nos boutiques d’une médiocrité affolante, et nos concitoyens n’ont aucun goût pour le vêtement, même ceux qui peuvent se permettre les extravagances dont on parlera ici.
Bref, à quoi bon parler de sapes quand on a pas un CHCM pour aller les voir ? Et bien c’est tout l’inverse : il n’a jamais été aussi facile de commander dans une boutique de Tokyo ou de New-York. Le Covid est passé par là, les retards ont été rattrapés, Trump est passé par là, la livraison en DPD (toutes taxes payées) s’est généralisé et les moyens de contourner la taxation aussi. Facile oui, mais risqué : vous ne ferez pas jouer votre droit de rétractation auprès d’un vendeur japonais ne lisant pas l’anglais.
Il me semblait donc intéressant d’avoir ce petit espace pour parler des quelques vêtements que je porte. En parler de manière plus précise et étayée que la plupart des voix du secteurs, et essayer de concilier l’opposition très artificielle entre le style et la technique. Me connaissant il est probable que ce premier article soit aussi le dernier, mais sait-on jamais. Je porte une chemise Nakedgauge tricotée en cachemire et zibeline, un petit animal mignon, ça fera une excellente introduction pour un second article.


